PÂQUES À BAKARI (succursale de Ste-Thérèse de Mingana)

Cette fois, c'est à Bakari, un village éloigné de 50 km de Mingana, que nous emmène le Père Rajesh. Bakari est située sur ce qui fut une importante voie de desserte agricole reliant Kipaka à Bikenge sur 100 km.  

Situer Bakari :

Mais le trafic sur cette piste est interrompu depuis très longtemps : un jour, le pont sur la rivière Lueka, situé à une dizaine de kilomètre de Bakari, s'est effondré au passage d'un véhicule surchargé. C'est courant au Congo, avec le plus souvent des conséquences économiques majeures parfois pendant des dizaines d'années jusqu'à ce qu'un hypothétique bailleur de fonds prenne le problème en charge... En attendant, seules les motos peuvent rouler sur la piste qui se dégrade de plus en plus, d'année en année, jusqu'à devenir totalement impraticable. Et encore faut-il que les rivières se laissent franchir en pirogue pour faire traverser les motos... Pendant ce temps-là, la population continue à vivre dans ses villages et est forcée de s'habituer à vivre en quasi totale autarcie.

 
Pont sur la Lueka (photo Amato)

D'abord, il faut arriver ! 
(la piste infernale)

Faire des kilomètres, pieds à terre, dans des ornières parfois aussi profondes que la moto relève de l'exploit sportif...

Le village de Bakari est une sorte de "centre culturel" local puisqu'il possède une école primaire catholique et une chapelle (shirika). Il rayonne ainsi sur les villages de la forêt d'alentour ou situés le long de la piste. Le nombre d'habitants ne nous est pas connu, mais pourrait être estimé puisque grâce à Google Earth on peut compter les habitations. On trouve l'école et la chapelle aux coordonnées : latitude 4°08'38.5" S et longitude 26°41'55" E.

Les quelques dimanches par an où il y a un prêtre disponible pour venir dire la messe, la chapelle est comble. Lorsqu'en plus c'est le dimanche de Pâques, la chapelle ne peut contenir tout le monde et il faut construire des abris en feuillage pour dire la messe en "plein air", si on peut dire,  pour que la foule des fidèles puisse suivre l'office protégés du soleil ardent... D'autant plus que la messe dure facilement 2 à 3 heures. Personne ne s'en plaint car c'est aussi une occasion rare de rencontre sociale pour une société qui vit tellement isolée et où les déplacements sont si compliqués.

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La séquence filmée suivante montre la "procession des dons" : chacun s'avance (très) lentement en dansant et chantant vers le pannier où il dépose son offrande, parfois en nature. On le constate facilement : tous et toutes font honneur au geste qu'ils posent par cette procession : chacun a revêtu ses plus beaux habits réservés à cette journée, y compris les enfants. C'est aussi l'occasion rare pour les mamans de "présenter" leur dernier-né... À la minute 6', on aperçoit le prêtre, le Père Rajesh, qui vient, par son sourire, apporter son soutien aux anciens qui se sont assoupis sous l'effet de la chaleur pendant cette longue, longue mais belle cérémonie...  

Chants et danses pendant la messe